Génération double poignet : pourquoi porter une Apple Watch ET une mécanique n’a rien de contradictoire

J’ai 24 ans, je porte une Apple Watch Ultra au poignet gauche pour tracker mes runs et une Tissot PRX automatique au droit quand je sors. Et non, je ne vois absolument aucune contradiction là-dedans.

Le « double poignet » : un phénomène bien réel

Le double-wristing — porter deux montres, une connectée et une traditionnelle — n’est plus une excentricité. Drake, Billie Eilish, Justin Bieber… les célébrités assument le double poignet depuis un moment. Mais ce qui est nouveau, c’est que ça se démocratise chez les 20-35 ans.

Les chiffres donnent raison à cette tendance : le marché mondial des smartwatches a atteint 38,5 milliards de dollars en 2025. Dans le même temps, les exportations horlogères suisses ont pesé 25,5 milliards de francs suisses en 2025. Les deux marchés coexistent.

Des usages parfaitement complémentaires

La smartwatch, c’est ton outil du quotidien : - Notifications discrètes en réunion - Suivi santé et sport - Paiement sans contact

La montre mécanique, c’est ton objet de plaisir : - Le rituel du remontage matinal - Le plaisir de regarder un mouvement à travers un fond transparent - Un objet qui traverse les décennies

Ma Tissot PRX, je la porte pour les dîners, les expos, les week-ends. Mon Apple Watch, c’est pour le bureau et la salle de sport. L’une ne remplace pas l’autre.

Montre mécanique posée sur un bureau

Ce que disent les Gen Z et les Millennials

Selon une étude Deloitte, 40 % des Millennials et Gen Z déclarent vouloir acheter une montre d’occasion dans l’année à venir. Sur TikTok, le hashtag #WatchTok a dépassé les milliards de vues. La Tissot PRX ? 60 % de ses ventes seraient liées à TikTok.

Ma pote Inès, 27 ans, graphiste freelance à Lyon, porte une Garmin Venu au quotidien et une Casio G-Shock vintage le week-end. « La Garmin me dit combien j’ai dormi. La G-Shock me rappelle mon père. C’est pas le même registre du tout. »

Le vrai luxe, c’est le choix

Ce qui définit notre génération, c’est qu’on refuse les cases. On écoute du rap et du classique. On mange vegan le lundi et un burger le mardi. On porte des Nike Air Force 1 avec un blazer. Alors pourquoi on devrait choisir entre une montre connectée et une mécanique ?

Le luxe en 2026, ce n’est plus d’avoir LA montre ultime. C’est d’avoir une collection variée qui s’adapte à chaque moment de ta vie.

Smartwatch moderne au poignet

Ce que les marques suisses peuvent apprendre

Ce qui marche : - Tissot a tout compris avec la PRX : design rétro-moderne, prix accessible, présence massive sur les réseaux - TAG Heuer maintient sa gamme Connected tout en proposant des pièces mécaniques iconiques - Swatch avec la MoonSwatch a prouvé qu’on pouvait créer du buzz à moins de 300 €

Ce qui doit changer : - Arrêter de mépriser le quartz et le digital - Investir massivement dans les réseaux sociaux - Proposer des tailles et des prix inclusifs - Raconter des histoires, pas juste des spécifications

Les exportations suisses ont reculé de 1,7 % en 2025 par rapport à 2024. Ignorer les 20-35 ans qui portent des smartwatches serait une erreur stratégique — parce que ce sont les mêmes qui économisent pour s’offrir une mécanique.

Collection de montres variées dans un écrin

Le futur appartient aux hybrides

La frontière entre montre connectée et montre traditionnelle va continuer de s’estomper. Ma génération ne veut pas choisir. On veut tout — le craft et la tech, le patrimoine et l’innovation.

Alors la prochaine fois que quelqu’un te dit que tu ne peux pas aimer à la fois ton Apple Watch et ta mécanique, dis-lui simplement : j’ai deux poignets, et j’ai bien l’intention de les utiliser tous les deux.

— Sarah T.